Le mardi 5 novembre 2019, le mouvement pour un réveil écologique lançait sur Linked In une campagne de communication d’ampleur à destination des employeurs.

Une semaine après le lancement et avec plus de 3000 partages, l’opération a fait grand bruit. Né à la suite du manifeste étudiant pour un réveil écologique signé par près de 32.000 étudiants en 2018, le mouvement rassemble un petit groupe d’étudiants engagés de (très) grandes écoles (essentiellement parisiennes) qui vont à la rencontre des directions des grandes entreprises pour porter un message fort : ils exigent davantage d’efforts de leur part dans la prise en compte de l’urgence écologique : voir intervention au MEDEF

Une étudiante du master (salut Chloé !), très impliquée dans le mouvement, était d’ailleurs à l’honneur sur Franceinfotv pour parler de la campagne et de son engagement.

L’appel personnalisable publié par les étudiants sur leur page LinkedIn rappelle le constat de l’urgence écologique (changement climatique, l’effondrement de la biodiversité et l’épuisement des ressources) et leur refus de « contribuer à l’accélération des crises environnementales et sociales ». Il formule ensuite 6 attentes concrètes vis-à-vis des employeurs.

  • Un changement en profondeur des stratégies de ceux qui ne prennent pas – ou pas suffisamment – en compte l’urgence écologique ;
  • La mesure et la réduction d’ampleur de leurs émissions de gaz à effet de serre, de leur impact sur la biodiversité et de leur usage de ressources non renouvelables ;
  • La formation des employés aux enjeux climat, énergie et biodiversité ;
  • La mise en place de mécanismes qui alignent la stratégie financière de l’organisation avec la protection de l’environnement ;
  • L’association de l’écosystème de l’organisation (pouvoirs publics, prestataires, ONG, etc.) à ces engagements ;
  • Repenser l’utilité et les messages de l’organisation dans notre contexte actuel d’urgence environnementale et sociale.

Le Master 239 a, lui aussi, fait son appel !

En déclinant leurs revendications en mesures concrètes et immédiatement applicables (publication d’un bilan GES, rémunérations des cadres indexées sur des critères environnementaux, critères environnementaux dans le choix des fournisseurs, pas de promotion de la surconsommation) les étudiants expriment directement auprès de leurs futurs employeurs leur désir de sens et décrivent le changement qu’ils veulent voir au sein des entreprises. Espérons donc qu’ils soient entendus !

Le mouvement pour un réveil écologique appelle à une prise de conscience par les employeurs des convictions d’un nombre croissant d’étudiants. Tous ces jeunes affirment refuser de s’engager dans une entreprise qui ne porte pas d’ambitions écologiques suffisantes, ce qui représente alors un risque au niveau du recrutement, pour les entreprises qui ne prendraient pas la mesure de la transition à mener.

Et après ?

Pour aller plus loin, le mouvement a élaboré et mis à disposition un guide anti-greenwashing pour permettre aux étudiants de s’y retrouver dans les engagements réels et affichés des entreprises. Des questionnaires adressés aux directions des groupes permettent aussi de mesurer et comparer les niveaux de prise en considération des enjeux et contribueront à mettre la pression sur les entreprises. Il propose aussi des outils concrets pour « réveiller » les formations d’études supérieures et promouvoir d’autres formes d’action, notamment individuelles, pour s’engager dans la transition écologique.

Une belle initiative qui ne devrait pas manquer de faire réagir étudiants et recruteurs, et de donner du crédit à ceux (nous !) qui dans les entreprises ou à l’université travaillent à faire bouger les lignes.

Bravo à eux !

le logo du mouvement

Pour vous aussi personnaliser et lancer votre appel c’est ici ou rendez-vous sur leur site pour découvrir toutes leurs actions. Un communiqué de presse a également été publié également le 11 Novembre 2019.

Article : Clément Boyer et Lucille Mangin

Images : Mouvement « pour un réveil écologique »