Forum on Health Achieving the SDGs

Le mercredi 30 Octobre, nous avons pu assister grâce à Véronique Perret, professeur et co responsable du master 239, au « Forum on Health- Achieving the SDGs » au siège de l’OCDE, à Paris, dans le 16 ème arrondissement. L’événement s’étendait sur toute la journée, durant laquelle des débats ont eu lieu sur la manière de mieux coopérer avec le secteur privé pour atteindre les Objectifs de Développement Durable, concernant la santé.

« Les 17 objectifs de développement durable, et leurs 169 cibles forment le cœur de l’agenda 2030. Ils couvrent l’intégralité des enjeux du développement durable tels que le climat, la biodiversité, l’énergie, l’eau mais aussi la pauvreté, l’égalité des genres, la prospérité économique ou encore la paix, l’agriculture, l’éducation… L’agenda 2030 est un programme universel pour le développement durable qui porte l’ambition de transformer notre monde en éradiquant la pauvreté et les inégalités en assurant sa transition écologique et solidaire à l’horizon 2030. » (Ministère de la Transition Ecologique)

Une partie de la promotion à l’OCDE

La journée s’est découpée en 4 panels : nous ne développerons que les principaux sujets de débat portant sur les deux premiers panels.

Le premier panel : « Universal Health Coverage and the SDG 3 », portait sur l’ODD numéro 3 : « Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge » et sur la question de la couverture médicale universelle. Ont été traités le sujets d’une nouvelle économie de la santé, et des initiatives de collaboration stratégique pour réduire les maladies non transmissibles, avec la participation de Francesca Colombo, responsable du département de santé à l’OCDE, Thomas Cueni, président des affaires au comité de la santé de l’OCDE, et directeur général de l’IFPMA (International Federation of Pharmaceutical Manufacturers & Associations) et Dr Eva Njenga, à la tête des l’alliance NCD Kenya, qui dirige les efforts de plaidoyer au Kenya pour toutes les questions relatives aux maladies non transmissibles.

Ont été évoqués en particulier la nécessité de retirer les barrières à l’accès aux services médicaux, et sur les dépenses de santé qui devraient être considérées comme un investissement et non comme un fardeau. En effet, il a été souligné que l’investissement dans la santé participe au bon fonctionnement de l’économie ; à l’inverse, une mauvaise santé a un coût économique important dû à la diminution des performances scolaires, impacts sur la santé mentale et sur l’emploi …

La responsabilisation des patients a également été soulevé comme un enjeu très important : il est essentiel que les politiques publiques informent et expliquent les facteurs de risque pour la santé (sur les causes de cancer, de diabète …), et non pas seulement pour promouvoir une activité physique régulière. L’information peut notamment passer par des taxes et des labels. Aujourd’hui, chacun doit faire des choix informés, et cela implique toutes les parties prenantes : les politiques, l’industrie alimentaire, les parents. Cela passe également par les programmes scolaires sur la santé, les jardins scolaires, qui permettent dans une dynamique inverse de changer les menus à la maison par exemple. Le défi pour la Santé est donc la volonté politique et la façon dont la communication sur la maladie est faite.

Pour ce qui est du financement, les gouvernements dépensent en moyenne 15% de leur budget dans la santé :  Comment financier les futurs services médicaux ? Le financement privé est-il envisageable ? Il a été évoqué que le financement domestique devrait être ciblé pour la santé en général et non pas pour lutter contre une maladie spécifique.

Concernant les actions en lien avec le secteur privé : il faudrait créer des partenariats. Le secteur privé à une capacité plus importante dans les pays à revenu haut que dans les pays à moyens et faibles revenus et permettent ainsi une forte innovation. Une question a été posée par un élève du master aux intervenants, concernant le leadership des Etats Unis dans cet objectif, tandis que leur propre système de santé pourrait être remis en question. En effet, la réponse fut que chaque pays doit trouver ses propres solutions, et emprunter un chemin différent pour la couverture santé. En Inde par exemple, la santé n’est pas gratuite, et le processus d’amélioration prend du temps, par manque de volonté politique. A l’inverse de la Chine qui a placé le thème de la santé en priorité dans son agenda, fait de grands pas. Un autre défi sera de respecter les différentes cultures. Une question a également porté sur l’importance également de la médecine traditionnelle.

Concernant les mesures de la santé : peu de mesures ont été faites sur les résultats et l’efficacité du système de santé. L’Objectif : atteindre la couverture santé « primaire » pour tous, sans laisser personne de côté, ni augmenter le coût de la santé.

Après ce panel, nous avons assisté à l’intervention de Marcus Gneers, chef opérationnel de l’application Lifesum, venant de Suède, et ayant pour mission de faire de la nutrition la nouvelle « pilule », mais aussi promouvoir la santé par le manger mieux. L’application recense 37 millions d’utilisateurs, et propose des programmes personnalisés.

Le panel 2 était le suivant : Business Actions to promote well being and the SDG 3  et concernait donc les actions des entreprises pour promouvoir le bien-être et l’ODD3. Les thèmes explorés étaient les suivants : partenariats pour une meilleure nutrition, réduction des accidents de la route, consommation responsable. Le débat rassemblait :  Peter Anderson, Professeur spécialiste de la consommation de substances, politiques et pratiques, à l’Université de Newcastle en Angleterre,  Jonathan Brooks, Chef de la Division des marchés agroalimentaires et de la Direction Commerce et agriculture à l’OCDE, Dr Pamela Byrne, à la tête de l’autorité de la sécurité alimentaire d’Irelande,  et Michelle Gibbons, Directeur général de  l’European Brands Association.

Une grande partie a été dédiée à la lutte contre la surconsommation d’alcool. Elle peut passer par deux canaux : la substitution des boissons alcoolisées/non alcoolisées, ou la reformulation des produits, afin qu’ils contiennent moins d’alcool. Cette dernière mesure serait la plus efficace, car elle a permis une baisse de 16% d’alcool dans les produits. La taxe a été considérée comme un outil à fort potentiel, et le plus efficace pour les gouvernements. Exemple de l’Irlande : une reformulation pour la quantité de sel a été faite, avec une attention particulière les produits manufacturés. De fortes taxes dans les pays nordiques permettent effectivement une réduction drastique de la consommation d’alcool, en revanche, ont été évoqués les épisodes critiques liés à l’alcool qui sont de plus grande ampleur, et le risque des achats croissants dans des pays transfrontaliers.

Il est selon les intervenants désormais temps d’éduquer les consommateurs et de déterminer la façon de labelliser les produits : cela passe donc par la communication. Concernant l’industrie agro-alimentaire, son rôle est d’assurer la sécurité alimentaire, d’utiliser l’eau et les terres de façon soutenable et de réduire ses émissions. Il ne s’agit en effet pas de blâmer uniquement le consommateur :  par exemple les politiques agricoles doivent redéfinir leurs buts. Concernant donc le comportement du consommateur et le rôle des fabricants de marques, l’accent devrait être mis sur le pouvoir des nudges et sur le prix pour réguler et modifier les comportements en faveur du consommateur.

Sur la question des lobbys, toute information communiquée devrait être vérifiée par le gouvernement, qui est l’acteur dans lequel les consommateurs ont confiance en termes de santé.

En conclusion, il a été soutenu que les besoins des pays et des marchés peuvent différer : pour les pays développés, l’accent est mis sur la réduction d’emballages, pour les pays en développement, la sécurité alimentaire est la priorité. Le défi : être transparent, pour ne pas perdre la confiance du consommateur. Prouver son indépendance. Et dialoguer.

Après ces deux premiers panels, nous avons pu profiter d’un buffet au château de l’OCDE, et assister à une intervention de Caroline Roan, Presidente de la Fondation Pfizer.

Les deux panels suivants ne seront pas développés ici.

Le Panel 3: Investing in innovation and the SDG9, portait sur la question de la disponibilité des données, l’innovation, les soins intégrés, et les partenariats numériques. Etaient présents Henry Ashworth, PDG, de l’Alliance internationale pour une consommation responsable, Jonathan Barnow, vice-président et chef des initiatives stratégiques chez Technoserve, Nicole Denjoy, vice-présidente aux Affaires du Comité de la santé de l’OCDE et secrétaire générale de COCIR (Comité européen de coordination de l’industrie des technologies de l’information radiologique, électromédicale et des soins de santé),  Karim Palant, directeur des politiques publiques du Royaume-Uni chez Facebook et enfin Massimo Visentin, directeur national de Pfizer Italie. S’en est suivi une intervention spéciale  de Philippe Lucas, vice-président à la Recherche et accès des patients chez Tilray.

Le Panel 4 : Strategic Collaboration and the SDG17 traitait des partenariats industriels avec les parties prenantes pour promouvoir des modes de vie sains. Etaient présents João Barbosa, co-fondateur et responsable mondial des partenariats chez GymPass, Leon Meijer, conseiller municipal à la Municipalité d’Ede aux Pays-Bas et Anne-Sophie Thilo, navigatrice olympique.

Cette journée nous a permis à tous de voir le déroulement et de participer activement par nos questions, à un forum de grande organisation telle que l’OCDE. Si nous sommes restés un peu sur notre faim concernant la réponse à nos questionnements et certains aspects concrets, cette expérience a été très enrichissante, et nous a permis de nous faire une idée d’un tel événement.  Tous les éléments détaillés dsans cet article correspondent à des interventiosn lors des débats, et non à nos propres propositions.

Merci à Véronique Perret et aux organisateurs du forum de nous avoir permis de vivre cette expérience !

 

Rédaction et prise de note : Nina Pelletier & Lucille Mangin

Photo : Vincent Blocqaux